Et si la véritable réforme du pouvoir d’achat consistait à supprimer purement et simplement l’impôt sur le revenu ?
Dans une France surendettée, surtaxée et sous-consommante, cette mesure, loin d’être utopique, pourrait être le levier d’une relance durable. Par Jean-Luc GINDER, économiste.
Une économie française exsangue
En 2025, la France se trouve à un carrefour budgétaire historique. La dette publique a dépassé les 3 416 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB, un niveau inédit depuis la Libération. Le déficit, lui, se stabilise autour de –5,8 %, alors que la charge des intérêts atteindra près de 59 milliards d’euros cette année, un record absolu.
| Indicateur | Valeur estimée (2025) |
|---|---|
| Dette publique | 3 416 Md€ (115,6 % du PIB) |
| Déficit public | –5,8 % du PIB |
| Impôt sur le revenu | 85 Md€ (≈ 20 % des recettes fiscales) |
| TVA | 150 Md€ (1er poste de recettes) |
| Taux de prélèvements obligatoires | 46 % du PIB (2ᵉ mondial) |
| Dépense publique | 58 % du PIB |
| Inflation moyenne 2024 | 2,3 % |
| Hausse énergie/ménage (2024) | +1 000 € |
Malgré des plans de relance successifs, le pouvoir d’achat des Français s’érode : –1,2 % en 2024, selon l’Insee, et plus de 1 000 euros de hausse annuelle du coût de l’énergie par foyer.
La France reste le deuxième pays le plus imposé au monde, avec un taux de prélèvements obligatoires de 46 % du PIB et une dépense publique à 58 % du PIB.
Supprimer un impôt pour relancer la consommation
L’impôt sur le revenu, payé par seulement 43 % des foyers fiscaux, ne rapporte à l’État qu’environ 85 milliards d’euros — soit à peine 20 % de ses recettes fiscales.
Sa suppression ne serait donc pas un gouffre, mais une injection directe de 80 milliards d’euros dans l’économie réelle.
Pourquoi prélever pour redistribuer ensuite sous forme d’aides arbitraires ?
En appliquant la logique keynésienne — laisser l’argent circuler dans la consommation réelle —, on relance plus efficacement la machine économique que par des subventions à court terme.
Une réforme sociale avant tout
Supprimer l’impôt sur le revenu n’est pas un acte antisocial. C’est un acte de confiance dans la classe moyenne et dans le travail.
C’est permettre à chaque foyer d’être un acteur économique direct, pas un simple bénéficiaire de transfert.
Cette mesure aurait un triple effet :
- économique, en stimulant la consommation ;
- social, en rendant du pouvoir d’achat ;
- budgétaire, en réduisant mécaniquement les dépenses de redistribution.
Le courage politique d’un choix simple
Notre modèle ne s’écroule pas faute d’impôts, mais faute de respiration.
La relance ne viendra ni des aides ponctuelles, ni des subventions industrielles à répétition.
Elle viendra de la confiance rendue aux Français.
Supprimer l’impôt sur le revenu, c’est accepter de changer de logiciel :
passer du contrôle à la responsabilité,
du prélèvement à la participation.
La croissance ne se décrète pas, elle se libère.

