La Cité de la Mer rouvre le 7 février avec de nouvelles expériences immersives, mêlant patrimoine, océan et technologie.
Après une fermeture hivernale destinée à la maintenance et à la rénovation du site, La Cité de la Mer de Cherbourg rouvre ses portes le 7 février. L’équipement touristique, installé dans l’ancienne Gare Maritime Transatlantique Art déco, lance une nouvelle saison qui conjugue culture maritime, patrimoine industriel et innovations immersives.
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Expériences sensorielles et mémoire transatlantique
Parmi les propositions phares de cette reprise, l’expérience « Cherbourg Transatlantique » s’impose comme l’un des projets les plus audacieux du site. Équipés d’un casque de réalité mixte, les visiteurs sont plongés dans l’ambiance du 14 avril 1937, jour de l’escale inaugurale du Queen Mary. L’ancienne halle ferroviaire prend vie à travers une mise en scène sonore et visuelle détaillée : sifflets, locomotives, crieurs de journaux, passants fictifs et personnages historiques reconstitués – dont l’architecte René Levavasseur – s’y croisent dans un ballet immersif de 35 minutes.
Cette approche narrative et technologique vise à renforcer le lien entre histoire locale et mémoire collective, tout en revalorisant le patrimoine bâti exceptionnel de la gare maritime, longtemps décrite comme la plus belle du monde. Un choix stratégique qui confirme la volonté de La Cité de la Mer d’asseoir sa programmation à l’intersection du tourisme culturel et de l’innovation scénographique.
L’océan entre mythe, science et bande dessinée
Autre nouveauté marquante : l’exposition temporaire « Astérix et la mer », présentée jusqu’au 31 mai 2026. Hébergée dans le hall d’accueil de la gare, elle revisite la thématique maritime à travers les aventures des célèbres Gaulois créés par Goscinny et Uderzo. Destinée à un public familial, l’exposition joue sur le registre de la transmission ludique, mais n’en oublie pas l’ambition pédagogique de l’établissement : mettre en lumière la relation ancienne et multiforme entre les sociétés humaines et les espaces maritimes.
Le parcours permanent « L’Océan du Futur » complète cette approche. Déployé sur trois niveaux, il combine aquariums d’exception, projections grand format, dispositifs tactiles et tablettes interactives pour explorer les grands équilibres marins, la biodiversité abyssale ou encore le volcanisme sous-marin. L’aquarium abyssal, avec ses 10,70 mètres de profondeur et ses mille poissons polynésiens, en reste l’emblème visuel.
Héritages militaires et naufrages historiques
La Cité de la Mer continue également de s’appuyer sur ses deux piliers mémoriels majeurs : le sous-marin nucléaire Le Redoutable et l’exposition « Titanic, retour à Cherbourg ». Le premier, mis en service en 1971 puis ouvert au public en 2002, offre un parcours de 35 minutes dans les entrailles de cette machine de guerre de 128 mètres. La visite, entièrement audioguidée, met l’accent sur les conditions de vie à bord et la discrétion acoustique, essentielle dans les missions de dissuasion sous-marine.
Quant au Titanic, il fait l’objet d’un espace scénographique complet, retraçant à la fois l’escale du paquebot à Cherbourg et l’enquête ayant mené à la découverte de son épave en 1985. Une collection d’objets prêtés par RMS Titanic Inc. – effets personnels, vaisselle, témoignages – inscrit le récit dans une dimension émotionnelle et anthropologique, élargissant la portée du naufrage au thème plus vaste des migrations transatlantiques.
Un positionnement hybride pour un équipement singulier
Depuis son ouverture en 2002, La Cité de la Mer s’est imposée comme un modèle singulier d’équipement touristique et culturel en région. Ancrée dans une infrastructure patrimoniale hors norme – la dernière gare maritime Art déco d’Europe –, elle conjugue aujourd’hui histoire industrielle, récit maritime globalisé et technologies immersives. En intégrant des thématiques aussi variées que les bandes dessinées, l’acoustique sous-marine ou les exodes migratoires, le site poursuit une stratégie d’élargissement de ses publics sans renier son ancrage scientifique.
Cette nouvelle saison marque un tournant assumé vers une programmation plus transversale et expérientielle, à la croisée des enjeux de mémoire, de transmission et de sensibilisation aux mondes océaniques. Un équilibre délicat, mais assumé, entre attractivité touristique et ambition culturelle.

