Autrefois courante dans l’industrie de la mode, la destruction des invendus textiles — souvent pour préserver l’image de marque et lutter contre le marché gris — est désormais interdite en France depuis la loi AGEC de 2020, qui impose aux entreprises de mode de prendre en charge le cycle de vie complet de leurs produits. C’est dans ce contexte que Sophie Pignères, ex-analyste financière engagée dans l’économie circulaire, a fondé Weturn, une start-up spécialisée dans le recyclage textile pré-consommation.
Créée en septembre 2020, Weturn propose un modèle en boucle fermée : les déchets textiles sont collectés, triés, transformés, puis réintégrés dans la fabrication de nouveaux produits. La jeune entreprise s’inscrit ainsi dans une logique de circularité complète, en réponse directe aux exigences réglementaires et aux attentes croissantes des marques engagées.
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Entre collecte et production
La méthode repose sur deux piliers fondamentaux. D’une part, la collecte, où chaque matière est rigoureusement inventoriée et classée selon des critères précis : composition, couleur, logos, droits de propriété intellectuelle. D’autre part, la production, qui consiste à adapter les fils recyclés aux besoins spécifiques des marques, en garantissant traçabilité et performance des matériaux. En parallèle, Weturn propose un service de conseil aux entreprises désireuses de structurer leur propre filière circulaire.
Weturn a marqué les esprits en collaborant avec LVMH pour concevoir les tenues des bénévoles des Jeux Olympiques de Paris 2024, fabriquées à partir de chutes textiles issues d’ateliers français. Ce partenariat emblématique illustre la capacité de la start-up à répondre à des projets d’envergure tout en maintenant un haut niveau d’exigence environnementale et technique.
Vers une filière textile durable et conforme à la loi AGEC
Dans sa stratégie d’industrialisation, Weturn développe désormais des banques de matières recyclées. Objectif : sécuriser l’approvisionnement en matériaux durables, une condition essentielle selon sa fondatrice pour rendre la circularité économiquement viable et scalable. Ce nouveau cap permettra à la jeune pousse d’élargir son impact à d’autres segments : de la haute couture aux textiles d’ameublement, en passant par des baskets fabriquées à partir de tissus d’avions.

