Avec 40 % de joueurs de moins de 13 ans, Roblox devient une cible privilégiée des pédocriminels en ligne.
Sarah El Haïry n’y va pas par quatre chemins. La haute-commissaire à l’Enfance alerte sur les dérives de Roblox, plateforme star chez les enfants. Dans une déclaration à l’AFP, elle parle d’un « repaire de pédocriminels ». En ligne de mire : la messagerie interne, terrain d’approche idéal pour les prédateurs.
Le jeu réunit chaque jour près de 150 millions de joueurs. En 2024, 40 % des utilisateurs avaient moins de 13 ans, selon Roblox Corporation. Une audience ultra-juvénile, et un contenu entièrement généré par les utilisateurs. Le décor est posé.
Les jeux vidéo, angles morts de la vigilance parentale
Les enfants y échangent librement, sans filtre, dans un environnement que beaucoup de parents imaginent inoffensif. Sarah El Haïry cible ce paradoxe : pendant que les regards se braquent sur TikTok ou Instagram, des zones grises persistent dans l’univers du jeu vidéo.
Roblox, confronté à une pluie de critiques, assure avoir réagi. Vérification d’âge obligatoire pour accéder à la messagerie, contrôle parental renforcé, étiquetage plus strict des contenus. Le discours est rodé. Mais la haute-commissaire enfonce le clou. La vigilance ne doit pas se limiter aux réseaux sociaux. Elle exhorte les familles à intégrer ces plateformes ludiques dans le radar de la prévention. Les prédateurs, eux, y sont déjà.

