Dans un marché en forte croissance, Payshift propose une innovation qui fluidifie le parcours de soin vétérinaire tout en réduisant les coûts pour les assureurs.
Alors que les dépenses de santé animale s’envolent, une jeune entreprise française propose de transformer en profondeur l’expérience de paiement des soins vétérinaires. Sa promesse : supprimer l’avance de frais grâce à un mécanisme de tiers payant en temps réel, déjà adopté par plusieurs assureurs.
Dans le modèle traditionnel, l’assuré paie d’abord les soins vétérinaires avant de solliciter un remboursement, souvent long et partiel. Payshift entend rompre avec cette logique, en dotant les contrats d’assurance d’une carte de paiement virtuelle Mastercard dédiée exclusivement aux frais vétérinaires. Lors d’une consultation, l’assuré déclare l’acte via une application mobile ; la prise en charge est validée instantanément, le paiement se fait sur-le-champ, et l’assuré ne paie que le reste à charge éventuel. Le vétérinaire, lui, est réglé immédiatement, sans modification de ses pratiques habituelles.
La solution technique proposée par Payshift s’intègre en marque blanche aux systèmes existants des assureurs, sans refonte majeure. Elle combine lecture automatisée des justificatifs, validation des garanties et déclenchement du paiement. Un positionnement B2B2C assumé, qui vise à fluidifier les flux tout en renforçant la relation client-assureur.
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Un levier concurrentiel pour les assureurs
Dans un marché de l’assurance santé animale en croissance annuelle de 15 %, les acteurs cherchent à fidéliser leurs assurés tout en réduisant leurs coûts de gestion. Payshift affirme que sa solution permet de diviser ces derniers par cinq, notamment grâce à l’automatisation des sinistres. Autre argument avancé : une réduction significative de la fraude, les paiements étant limités aux cliniques vétérinaires partenaires via un fléchage strict.
Selon ses fondateurs, cette innovation améliore aussi la rétention client : le remboursement immédiat au moment du soin renforcerait la confiance envers l’assureur et éviterait de nombreux cas de résiliation. Des premiers déploiements ont déjà été effectués avec des partenaires représentant plus de 100 000 assurés.
Inflation des soins
La solution de Payshift arrive dans un contexte de hausse continue des actes vétérinaires, estimée entre 5 et 10 % par an. Une évolution liée à la montée en gamme des soins proposés : imagerie médicale avancée, cancérologie, ou encore interventions spécialisées. Pour les propriétaires d’animaux, cela se traduit par un budget annuel qui oscille entre 800 et 1 500 € par chien, et entre 600 et 1 000 € par chat. En parallèle, la population d’animaux de compagnie atteint des niveaux records, avec 80 millions de bêtes recensées en France, dont 15 millions de chats et 7,5 millions de chiens.
Dans ce paysage, Payshift veut se positionner comme un catalyseur d’accès aux soins, en levant le frein financier immédiat souvent redouté par les « pet parents ». Pour ces derniers, l’innovation pourrait aussi alléger une forme de double peine : la détresse émotionnelle liée à la maladie de l’animal, doublée d’une incertitude financière au moment critique.
Une ambition européenne, des racines B2C
Fondée par Jacques Oloa, Thomas Nares et Simon Garito, Payshift s’appuie sur l’expérience acquise avec PennyPet, une première fintech lancée en 2023 et qui a accompagné plus de 15 000 propriétaires dans la gestion quotidienne des dépenses liées à leurs animaux. Ce passage du B2C au B2B2C nourrit une ambition plus large : devenir le leader européen du tiers payant santé animale. La solution est désormais disponible pour les assureurs, courtiers et gestionnaires de sinistres, avec des perspectives d’extension vers d’autres segments du soin.

