Star mondiale et investisseur avisé, Julio Iglesias voit son empire ébranlé par des accusations d’agressions sexuelles.
Julio Iglesias est, en 2026, le chanteur espagnol le plus riche. Sa fortune est estimée entre 630 et 750 millions d’euros, selon les sources. Le classement Forbes Espagne de décembre 2024 lui attribue 750 millions d’euros et la 59ᵉ place parmi les grandes fortunes du pays.
D’autres évaluations internationales convergent : LoveMoney, en février 2025, le classe parmi les vingt musiciens les plus riches du monde avec un patrimoine estimé à 600 millions de dollars, soit environ 575 millions d’euros. Ce type d’écart entre les estimations s’explique par la nature des actifs : immobilier non coté, droits musicaux, structures offshore. Des actifs difficiles à valoriser précisément, surtout quand une partie est logée dans des holdings opacifiées, comme c’est le cas ici.
Un empire bâti sur la musique et l’immobilier
L’essentiel de cette richesse repose sur un socle classique dans l’industrie musicale : plus de 300 millions d’albums vendus, selon son site officiel, traduits en 14 langues, auxquels s’ajoutent des tournées mondiales qui continuent de générer des revenus annuels multimillionnaires, via les droits de diffusion.
Mais c’est l’immobilier qui a fourni l’effet de levier. À partir de la fin des années 1970, Iglesias investit dans l’ultra-luxe aux États-Unis et dans les Caraïbes. Il a possédé jusqu’à 15 % de la surface de l’île privée d’Indian Creek, à Miami, avec des reventes à prix record : 31 millions de dollars pour une parcelle vendue au couple Kushner-Trump en 2021. Il détient encore un domaine de 450 hectares à Punta Cana, avec villas, studios, et infrastructures touristiques, et une île privée aux Bahamas, dotée de son propre héliport. En Andalousie, sa finca Las Cuatro Lunas, également de 450 hectares, a été mise en vente à 145 millions d’euros en 2018, sans trouver preneur.
Le volet financier passe aussi par des prises de participation : 5 % du capital de l’aéroport de Punta Cana, principal hub aérien de la République dominicaine, qu’il conserve après cession partielle en 2018. Et une vingtaine de sociétés offshore, identifiées dans la presse économique espagnole, utilisées pour loger ses actifs immobiliers et ses droits musicaux. En Espagne, ses investissements sont gérés via Androsemo SL, société pilotée par sa femme, Miranda Rijnsburger, à qui certains médias attribuent environ 400 millions d’euros de patrimoine personnel.
Des accusations qui exposent un édifice fragile
Mais cet édifice est désormais exposé. Une enquête de elDiario.es et TelevisaUnivision, publiée le 13 janvier 2026, donne la parole à deux anciennes employées de l’artiste, qui l’accusent d’agressions sexuelles survenues en 2021, à Punta Cana et à Lyford Cay. L’enquête, menée sur trois ans, décrit un climat de contrôle, de soumission, d’humiliations. L’une d’elles affirme avoir été contrainte à des rapports sexuels non consentis, l’autre évoque des attouchements répétés. Les faits visent directement Julio Iglesias, 82 ans, pour des actes présumés commis dans ses résidences privées.
Une plainte pénale a été déposée en Espagne, selon l’AFP, reprise par Barron’s et plusieurs médias. Elle inclut, selon certaines sources, des faits potentiels de traite d’êtres humains. L’artiste n’a pas répondu publiquement aux accusations. Aucune condamnation n’a été prononcée. Il bénéficie de la présomption d’innocence.
Ces révélations pèsent sur l’avenir de son empire, en particulier ses revenus liés à l’image de marque : projets audiovisuels, rééditions, contrats publicitaires. Le cœur de la fortune – l’immobilier et le catalogue musical – est plus résistant, car peu exposé aux fluctuations de réputation à court terme. Mais la valorisation globale pourrait être affectée en cas de retrait de partenaires ou de campagnes de boycott.
Un héritage complexe à partager entre huit enfants
La question successorale n’est pas neutre. Iglesias a huit enfants, nés de deux unions. Le partage d’un patrimoine estimé autour de 630 à 750 millions d’euros pourrait susciter des contentieux, d’autant plus si les accusations de 2026 venaient à peser sur la réputation des actifs transmis.
Sa femme Miranda Rijnsburger gère déjà une partie de l’empire via Androsemo SL. Son patrimoine personnel, estimé à environ 400 millions d’euros, renforce son rôle dans la gouvernance familiale. Les actifs concernés – propriétés, catalogues, sociétés – sont éclatés et logés dans des juridictions multiples, ce qui complique d’autant plus toute tentative de transmission fluide.
Un empire désormais surveillé de très près
L’affaire Iglesias intervient dans un contexte de réexamen des dynamiques de pouvoir dans le monde de la culture. Deux anciennes employées, jeunes et isolées, témoignent de faits présumés graves, commis à huis clos dans des lieux privés difficilement accessibles aux journalistes et aux enquêteurs. Trois années d’enquête ont été nécessaires avant publication. Le dossier est désormais entre les mains de la justice espagnole.

