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Quel salaire pour un anesthésiste‑réanimateur ?

Un anesthésiste‑réanimateur perçoit en France, en 2026, en moyenne 118 700 € brut par an, soit un peu plus de 6 200 € nets mensuels. Une moyenne qui dissimule de profonds écarts entre l’hôpital public, les cliniques privées et l’exercice libéral.

Les chiffres disponibles doivent être maniés avec prudence. Seules les données de la Drees – l’organisme public qui mesure notamment le revenu des médecins libéraux par spécialité – font autorité. Elles s’arrêtent à 2021. L’anesthésie‑réanimation s’y hisse parmi les spécialités les mieux rémunérées.

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Pour approcher une réalité 2025‑2026, il faut croiser ces séries avec des estimations issues d’agrégateurs de salaires – Jobted, Hellowork, Medworks – et de la presse économique spécialisée. Leurs méthodes s’appuient sur les offres d’emploi, des enquêtes, des données déclaratives.

Jobted, dans sa mise à jour 2026, évalue ainsi le salaire moyen d’un anesthésiste‑réanimateur à 118 700 € brut par an. La fourchette est large : de 47 500 € brut/an pour les débutants à 360 000 € brut/an pour les plus rémunérés.

Medworks, dans un article paru fin 2025, retient un chiffre moyen légèrement supérieur, à 124 500 € par an, soit près de 6 500 € nets mensuels. Le même ordre de grandeur.

Encore faut-il préciser ce que recouvre le terme de « salaire ». L’exercice de l’anesthésie‑réanimation se déploie dans trois grands cadres distincts : hôpital public, clinique privée et secteur libéral.

À l’hôpital, des gardes qui font toute la différence

À l’hôpital, l’anesthésiste‑réanimateur est un praticien hospitalier, rémunéré selon une grille nationale. En début de carrière, il perçoit entre 4 500 et 4 800 € brut mensuels. En fin de parcours, le traitement dépasse les 8 000 € brut, sans les gardes et astreintes.

Ce socle salarial n’est qu’une partie du revenu. Les gardes de nuit, de week‑end, les jours fériés, rémunérées quelques centaines d’euros l’unité, et le temps additionnel, pèsent lourd. En anesthésie‑réanimation, ils peuvent faire la différence.

Jobted agrège ces éléments pour proposer une estimation 2026 du revenu hospitalier moyen : 93 800 € brut annuels. Soit en dessous de la moyenne globale de la spécialité.

Les montants issus des grilles indiciaires proviennent de décrets 2024‑2025. En l’absence de réforme, ils sont reconduits. Quant à l’estimation de 93 800 €, elle reste une donnée de marché, non un chiffre officiel publié par le ministère de la Santé.

Dans le privé, des salaires dopés par la tension locale

En clinique privée, l’anesthésiste‑réanimateur est salarié. Le niveau de rémunération varie selon la rareté du profil et la tension locale. Jobted situe le revenu moyen 2026 autour de 131 800 € brut annuels. Soit environ +11 % par rapport à la moyenne de la spécialité.

Les offres d’emploi diffusées par les grands recruteurs confirment cette tendance : elles évoquent régulièrement des rémunérations allant de 6 000 à plus de 10 000 € brut mensuels selon l’expérience, avec des compléments en primes, astreintes, voire intéressement.

Dans certaines structures privées très actives, notamment en chirurgie programmée, la combinaison d’un salaire élevé, de nombreuses astreintes et d’un intéressement peut porter la rémunération totale à 15 000 voire 20 000 € brut par mois.

En libéral, des revenus bruts élevés… et de lourdes charges

En exercice libéral, l’anesthésiste‑réanimateur facture ses actes – anesthésies, consultations pré‑opératoires – à l’Assurance maladie et aux complémentaires. Le plus souvent, il exerce en secteur 2, avec dépassements d’honoraires.

L’étude Drees n°1322, publiée en décembre 2024, établit le revenu d’activité moyen de l’ensemble des médecins libéraux à 124 000 € annuels. Elle souligne que les spécialités techniques comme l’anesthésie‑réanimation se situent bien au‑dessus.

L’Essentiel de l’Éco exploite ces données pour estimer à 191 700 € brut par an le revenu d’activité moyen des anesthésistes‑réanimateurs libéraux. L’un des niveaux les plus élevés, derrière la radiologie et la médecine nucléaire, devant de nombreuses disciplines cliniques.

Jobted évoque pour sa part un niveau moyen de 168 600 € brut par an. Les débuts tournent autour de 72 000 €, les sommets atteignent 300 000 à 360 000 € pour certains profils.

Ces montants s’entendent avant charges : cotisations Urssaf, retraite, prévoyance, CSG‑CRDS, impôt sur le revenu, mais aussi les frais professionnels, loyers, salaires du secrétariat, et assurance responsabilité civile, particulièrement coûteuse en anesthésie‑réanimation. Selon les estimations professionnelles et les simulateurs Urssaf, ces charges absorbent entre 45 et 55 % du chiffre d’affaires.

Le revenu net avant impôt d’un anesthésiste libéral moyen se situe donc plutôt entre 90 000 et 120 000 € annuels. Avec une forte variabilité selon le volume d’actes, les dépassements, la zone d’exercice.

Expérience, mobilité, zone : ce qui creuse les écarts

Les données de marché tracent une courbe nette selon l’expérience. Jobted distingue trois paliers : environ 47 500 € brut/an pour les débutants (1 à 3 ans), 107 600 € en milieu de carrière (4 à 9 ans), et 168 500 € pour les praticiens avec 10 à 20 ans d’exercice.

Medworks suit la même logique : autour de 50 000 € brut annuels au début, 110 000 € en milieu de carrière, et plus de 200 000 € pour les profils seniors, notamment en exercice libéral ou mixte.

La géographie accentue encore les écarts. Dans les zones sous‑dotées, les établissements – publics comme privés – multiplient les incitations : salaires majorés, primes d’installation, contrats attractifs, pour sécuriser les équipes d’anesthésie.

Le niveau de rémunération renvoie à une spécialité stratégique, sous forte contrainte. L’anesthésiste‑réanimateur a la charge des fonctions vitales pendant l’anesthésie, assure la surveillance post‑opératoire, gère les détresses en réanimation, participe aux urgences (SMUR, maternité). Il enchaîne les gardes, travaille en horaires décalés.

Les organisations professionnelles et les observateurs alertent depuis plusieurs années sur la tension structurelle dans la spécialité : postes vacants, difficultés de recrutement, risque élevé de burn‑out. La pression médico‑légale s’ajoute à la fatigue.

Les pouvoirs publics ont introduit plusieurs primes et revalorisations pour les praticiens hospitaliers. Elles ne suffisent pas à combler l’écart avec le privé et le libéral, ni à atténuer la surcharge ressentie dans de nombreux services.

Les sources disponibles permettent de distinguer trois types de données. Les données publiques : les études Drees sur les revenus libéraux, qui établissent la place élevée de la spécialité et son évolution entre 2017 et 2021. Les estimations de marché : Jobted, Medworks, Hellowork, qui livrent des ordres de grandeur pour les niveaux 2025‑2026 selon les statuts. La presse économique : L’Essentiel de l’Éco, qui exploite les tableaux Drees pour positionner l’anesthésie‑réanimation dans la hiérarchie des revenus médicaux.

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