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Le vrai salaire de Gérard Larcher

Entre indemnités officielles, retraites cumulées, avantages en nature et revenus patrimoniaux, Gérard Larcher figure parmi les personnalités politiques françaises les mieux rémunérées. Une situation conforme au droit, mais dont le niveau alimente régulièrement les débats sur la transparence et l’exemplarité dans la sphère publique.

Une rémunération officielle de plus de 11 000 euros nets par mois

La base de la rémunération de Gérard Larcher repose sur son mandat de sénateur et sur ses fonctions à la tête de la Haute assemblée. En tant que sénateur, il perçoit une indemnité de base de 5 931,95 euros bruts, à laquelle s’ajoutent une indemnité de résidence (177,96 euros) et une indemnité de fonction (1 527,48 euros). Le total mensuel brut s’élève à 7 637,39 euros.

À ce montant s’ajoute une indemnité spécifique liée à la présidence du Sénat, de 7 591,58 euros bruts. Sa rémunération brute mensuelle atteint ainsi 15 228,97 euros, soit environ 11 900 euros nets après prélèvements sociaux, avant impôt sur le revenu.

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À ces sommes s’ajoute l’avance pour frais de mandat (AFM), versée à hauteur de 6 600 euros par mois. Ce montant, non imposable, doit être justifié par des dépenses déclarées via une application dédiée (JULIA). Cette enveloppe a été revalorisée de 700 euros en janvier 2024, officiellement en raison de l’inflation et des dépenses exceptionnelles liées à l’organisation des Jeux olympiques à Paris.

Plus de 10 000 euros de pensions de retraite mensuelles

En parallèle de son activité en cours, Gérard Larcher perçoit plusieurs pensions de retraite, issues de ses carrières successives dans la fonction publique, les collectivités locales et le secteur privé. Ces pensions atteindraient un total supérieur à 10 000 euros bruts par mois. Le président du Sénat n’a jamais communiqué de chiffres précis à ce sujet.

Selon les estimations disponibles, la première pension émane du régime autonome des anciens sénateurs, pour un montant avoisinant 4 500 euros bruts mensuels, après près de 40 années de mandat. Il perçoit également une retraite d’ancien maire de Rambouillet, qu’il a dirigée pendant 28 ans, estimée à 2 000 euros mensuels. À cela s’ajoutent environ 1 000 euros issus de son ancienne activité de vétérinaire et 500 euros au titre de ses fonctions ministérielles exercées entre 2004 et 2007.

Ce cumul place Gérard Larcher à environ 6,5 fois au-dessus du niveau de retraite moyen en France, établi à 1 545 euros nets par mois en 2025.

Logement, chauffeur, sécurité : des avantages en nature importants

Le président du Sénat dispose d’un logement de fonction de 80 m² au Petit Luxembourg, dont la valeur locative est estimée à 120 000 euros par an. L’appartement est meublé, entretenu et bénéficie d’un service de ménage. Il a été choisi en 2008 en remplacement du logement officiel de 245 m² situé rue Bonaparte, que Gérard Larcher a volontairement renoncé à occuper.

Ses déplacements sont assurés par un chauffeur dédié, pour un coût évalué à 150 000 euros annuels, auquel s’ajoute une sécurité rapprochée estimée à 100 000 euros par an.

Concernant la restauration, les repas au Sénat sont proposés à des tarifs compris entre 5 et 10 euros, alors que leur coût réel est estimé entre 30 et 50 euros. Cette différence, couverte par une subvention de 782 282 euros en 2024, permet aux parlementaires de bénéficier de prestations gastronomiques à prix réduit. L’économie annuelle pour Gérard Larcher, à raison de 300 repas par an, est estimée entre 7 500 et 13 500 euros.

Le cabinet du président du Sénat comprend plusieurs conseillers dont les salaires varient fortement. En 2014, le directeur de cabinet percevait jusqu’à 19 154 euros nets par mois. Le budget global du cabinet présidentiel oscille entre 2 et 3 millions d’euros par an. La rémunération moyenne des collaborateurs était de 8 500 euros nets par mois en 2014, en hausse de 40 % par rapport à celle de l’équipe précédente.

Revenus fonciers et financiers complémentaires

Outre ses rémunérations publiques, Gérard Larcher déclare des revenus patrimoniaux. Il détient 30 % du capital d’une société civile immobilière (SCI) valorisée à 285 000 euros et a perçu en 2022 un revenu foncier de 18 019 euros.

Il détient également des parts dans des établissements financiers, notamment au Crédit Mutuel et dans l’entreprise Centravet. En 2022, ses revenus nets liés à la présidence du Sénat ont atteint 151 654 euros. En 2023, il a déclaré 120 194 euros perçus sur dix mois. Ces montants ne comprennent pas ses pensions de retraite, exclues des obligations déclaratives auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Une rémunération en hausse continue depuis 2014

Depuis le début de son second mandat à la présidence du Sénat, en 2014, la rémunération brute mensuelle de Gérard Larcher a augmenté régulièrement. Elle est passée de 14 436 euros bruts en 2019 à 15 228 euros en 2025, soit une hausse de 5,5 % en six ans. Cette progression suit les évolutions de la fonction publique.

L’AFM a également été revalorisée de 5 900 à 6 600 euros mensuels en 2024, soit une augmentation de 11,9 %, officiellement pour compenser l’inflation et les dépenses spécifiques liées à l’année olympique.

Des dépenses publiques régulièrement critiquées

La gestion budgétaire du Sénat et les dépenses associées à la présidence font l’objet de critiques régulières. En janvier 2025, la commande de deux fauteuils et d’un prototype pour la présidence de séance, facturés au total 34 000 euros, a suscité une vive polémique. Gérard Larcher a affirmé ne pas avoir été informé et a demandé une enquête interne.

Une position élevée dans les comparaisons internationales

Au niveau européen, la rémunération du président du Sénat se situe dans la moyenne haute. En Allemagne, le président du Bundesrat perçoit 108 984 euros bruts par an, soit 2,5 fois le salaire moyen national. En France, le revenu annuel brut de Gérard Larcher (hors retraites et avantages en nature) s’élève à 183 000 euros, soit plus de 5 fois le salaire moyen. Ce ratio est l’un des plus élevés du continent.

Le président du Sénat est ainsi mieux rémunéré qu’un ministre (10 692 euros bruts mensuels), et se rapproche du président de la République Emmanuel Macron ou du Premier ministre, dont le salaire brut est d’environ 16 000 euros.

Un régime de retraite parlementaire encore privilégié

Le régime de retraite des sénateurs, créé en 1905, n’a pas été aligné sur celui des députés, réformé en 2018. Il reste l’un des plus avantageux du pays. Avec un seul mandat de six ans, un sénateur peut obtenir une pension de 2 190 euros nets. Le montant moyen des pensions servies atteint 3 856 euros nets, soit 2,5 fois la moyenne nationale.

Le régime est alimenté par des cotisations mensuelles des sénateurs (environ 1 180 euros), par l’employeur (le Sénat) et par la Caisse autonome de retraite, qui disposait de 614,9 millions d’euros d’actifs en 2022. Le Sénat assure que ce régime est autofinancé, sans subvention publique.

Après la réforme des retraites de 2023, le bureau du Sénat a décidé d’en transposer certaines mesures : relèvement progressif de l’âge de départ de 62 à 64 ans, allongement de la durée de cotisation, et baisse de 20 % des pensions pour les futurs retraités.

Une transparence toujours partielle sur les revenus et avantages

Malgré les obligations de déclaration instaurées depuis 2008, la transparence des revenus parlementaires reste partielle. Gérard Larcher n’a pas communiqué le détail de ses pensions de retraite, pourtant essentielles pour appréhender l’ensemble de sa rémunération.

En 2015, il avait tenté de faire nommer à la HATVP un candidat contesté, proposition rejetée par la commission des lois du Sénat. Plus récemment, une enquête journalistique a révélé que les règles précises de calcul des retraites des sénateurs ne sont pas rendues publiques, y compris pour les bénéficiaires eux-mêmes.

Une rémunération légale, mais un écart croissant avec la population

Le niveau de revenus de Gérard Larcher, bien qu’entièrement conforme à la législation, interroge sur l’écart croissant entre les élites politiques et les citoyens. Dans un contexte de rigueur budgétaire, alors que des réformes imposent des efforts à la population, les rémunérations et privilèges accordés aux plus hauts responsables publics suscitent un questionnement persistant sur la soutenabilité démocratique de ces écarts.

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