Inflation faible, croissance modérée, endettement élevé : la reprise économique reste sous tension en 2026.
La croissance française avance, mais à pas comptés. L’investissement donne l’impulsion, la consommation retient le mouvement. Le chômage grimpe, l’inflation reste docile, et la dette continue de s’alourdir. Au cœur de cette équation, une économie qui hésite, dans un climat politique toujours chargé.
Investissement en tête, consommation en panne
Les chiffres de croissance prévus pour 2026 – entre 0,9 % et 1,1 % – traduisent ce flottement. Le principal moteur, c’est l’investissement des entreprises. Les taux en baisse depuis juin 2024 jouent leur rôle. Dans l’aéronautique, l’élan est spectaculaire, avec un rebond des exportations. Mais ce coup de fouet pourrait vite s’essouffler.
Côté ménages, le moteur cale. La consommation de biens fléchit encore en décembre. Le taux d’épargne reste perché entre 18 et 19 %. Pas étonnant : la confiance des ménages est en berne depuis la dissolution de l’Assemblée à l’été 2024.
Chômage qui monte, salaires à la traîne
Sur le front de l’emploi, la tendance se détériore. Le chômage approche les 8 %, les intentions d’embauche reculent. Seuls quelques bastions industriels tiennent encore. Dans les services, le coup de froid s’installe.
Les salaires augmentent à petit pas. Le SMIC progresse de 1,18 %, les hausses moyennes tournent autour de 2 %. L’inflation modérée protège le pouvoir d’achat, mais les hausses de coûts annexes viennent mordre dans les gains.
Budget sous contrainte, dette hors contrôle
Les finances publiques ne respirent guère. Le budget a été adopté à la hussarde via le 49.3, avec un déficit maintenu à 5 % du PIB. La dette grimpe au-delà des 118 %, la charge d’intérêts tutoie les 70 milliards d’euros. Peu d’économies, beaucoup d’impôts.
L’industrie évolue en ordre dispersé. L’aéronautique vole haut. L’automobile et la construction peinent. La chimie et la métallurgie amorcent un frémissement. Mais la concurrence étrangère reste féroce.
Nuages sur les marchés, tensions à l’international
Les marchés ne respirent pas la sérénité. Le CAC 40 a tangué en janvier. Le spread OAT-Bund s’élargit. Les investisseurs s’inquiètent des équilibres budgétaires français.
Les défaillances d’entreprises explosent. 70 000 faillites en 2025, dont une majorité de très petites structures, mais aussi quelques noms connus. La tendance pourrait perdurer, même si un reflux est espéré au second semestre.
À l’international, les tensions s’aiguisent. Les annonces de Donald Trump sur les droits de douane menacent les exportateurs européens, France en tête. Bruxelles prépare la riposte, et regarde vers Pékin.
Sur le terrain de la réindustrialisation, des projets avancent. Le sommet “Choose France” a ramené 9 milliards d’euros d’engagements. Les Hauts-de-France concentrent les projets de gigafactories. L’aéronautique, les technologies médicales et le recyclage des métaux reçoivent aussi leur part.

