L’Europe est-elle prête à défendre sa science ? À Paris-Saclay, un sommet stratégique veut placer la recherche au centre de l’action politique.
La troisième édition du Paris-Saclay Summit, qui se tiendra les 18 et 19 février 2026 sur le campus de CentraleSupélec, entend placer la science au cœur des enjeux de souveraineté européenne. Derrière le slogan « Choose Science », l’événement s’affiche comme un carrefour de débats, d’expertises et de stratégies où la recherche devient un levier politique, économique et civilisationnel.
Une scène internationale pour un débat stratégique
Avec plus de 80 conférences et 130 intervenants annoncés, cette édition ambitionne de prolonger le rôle de Paris-Saclay comme plateforme d’excellence scientifique. Mais au-delà du prestige académique, le choix du thème – « Sciences et souveraineté : l’Europe face au défi de la science » – cristallise une inquiétude croissante quant à la capacité du continent à maintenir son autonomie technologique dans un contexte de compétition mondiale exacerbée.
Des figures de proue pour incarner l’excellence européenne
Parmi les figures invitées, la présence de Didier Queloz, prix Nobel de physique 2019, spécialiste des exoplanètes, ou encore d’Édith Heard, généticienne et médaille d’or 2024 du CNRS, donne le ton d’un événement résolument tourné vers les avant-postes du savoir. À leurs côtés, des profils plus transversaux comme Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, ou Hervé This, inventeur de la cuisine moléculaire, rappellent que la science ne se déploie pas en vase clos mais engage des choix culturels, éthiques et sociaux.
Un appel implicite à une politique scientifique renforcée
L’intitulé même du sommet suggère une tension : faut-il encore « choisir » la science ? Ce qui pourrait passer pour un truisme dans un continent qui abrite certains des centres de recherche les plus avancés, résonne aujourd’hui comme une injonction. Derrière le programme, se dessine en filigrane la crainte d’un décrochage européen, à la fois en matière de financements publics, de transferts technologiques, de formation des talents ou encore de maîtrise des chaînes d’innovation stratégique.

