Elles sont de plus en plus nombreuses, plus engagées que jamais. Mais les femmes entrepreneures restent confrontées à des freins bien connus. Le baromètre « Créatrices d’Avenir » 2025 dresse un constat clair : le sexisme, l’isolement, le doute et la charge maternelle continuent de peser.
Sexisme ordinaire, effets concrets
56 % des dirigeantes interrogées déclarent avoir subi des discriminations de genre, en hausse. 45 % rapportent des propos déplacés, 16 % des avances, 5 % des pressions sexuelles. Résultat : 41 % ont dû adapter leur parcours professionnel.
Le sentiment d’isolement est noté à 5,35/10. Il s’accentue en période de tension pour 39 %, touche 18 % au quotidien, et même 7 % dans leurs succès. Le recours aux réseaux (53 %) ne compense pas l’absence de soutien organisé.
Le syndrome de l’imposteur touche 93 % des femmes interrogées. Il freine l’ambition, les demandes de financement, la visibilité. Le problème est systémique, pas personnel.
37 % voient la maternité comme un obstacle. Malgré la flexibilité apparente de l’entrepreneuriat, les solutions concrètes manquent : crèches, aides, accompagnement.
Résistance, mais à quel prix ?
93 % referaient le même choix. Mais cette résilience s’achète au prix fort : surcharge mentale, pression constante. Elle ne doit pas servir d’excuse à l’inaction publique.
Le programme « Créatrices d’Avenir » montre ce qu’un accompagnement ciblé peut faire. Mais l’enjeu est plus large. Ce sont les logiques mêmes du monde entrepreneurial qu’il faut revoir. L’égalité ne viendra pas d’un supplément d’effort individuel.

