Le spécialiste français du paiement en plusieurs fois Alma dévoile une application mobile censée renforcer la transparence et l’autonomie des consommateurs. Un lancement qui intervient dans un marché du « Buy Now Pay Later » (BNPL) en plein essor mais sous surveillance croissante.
Une promesse de simplicité et de contrôle pour l’utilisateur
Disponible dès ce 13 novembre sur iOS et Android, la nouvelle application mobile d’Alma propose une interface permettant aux utilisateurs de suivre en temps réel leurs échéances de paiement, de les reporter sans frais ni justificatif, ou encore de modifier leur moyen de paiement. Elle promet également une meilleure maîtrise budgétaire via des notifications avant chaque prélèvement et une vue d’ensemble des achats réalisés avec Alma. Un moteur de recherche intégré permet de repérer les marchands partenaires — une fonction qui reflète la volonté d’intégrer davantage la marque dans le parcours client.
Positionnement éthique et différenciation commerciale
« Nous franchissons une nouvelle étape dans notre ambition : faire du paiement fractionné un véritable outil de liberté financière », affirme Louis Chatriot, cofondateur et directeur général d’Alma, qui oppose son modèle à celui d’autres acteurs accusés de multiplier les frais cachés ou les pénalités. Derrière cette rhétorique d’émancipation financière, Alma cherche surtout à consolider son positionnement dans un secteur très concurrentiel. Fondée en 2018, la fintech revendique aujourd’hui plus de 8 millions de consommateurs dans dix pays européens et collabore avec 21 000 commerçants, parmi lesquels la SNCF, SMCP ou Maisons du Monde. Elle annonce un volume d’affaires de 2 milliards d’euros pour 2024 et fonde sa promesse sur un modèle sans frais fixes pour les commerçants ni pénalités de retard pour les clients.
Un secteur en expansion, mais sous pression réglementaire
Le contexte réglementaire pourrait bien rattraper le secteur. Alors que les autorités européennes s’inquiètent des effets du paiement fractionné sur l’endettement des ménages, l’ensemble du marché BNPL est de plus en plus scruté. En France, le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a déjà alerté sur les pratiques de certains opérateurs et appelé à une régulation renforcée. Pour Alma, la question est désormais de s’adapter à un encadrement à venir sans remettre en cause son modèle économique.

