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Combien gagne le maire de Sète ?

Hervé Marquès a tranché : il se fixe une indemnité en dessous du maximum autorisé. Pourquoi ce choix stratégique ?

Hervé Marquès a été élu maire de Sète le 12 mai 2025, à la suite de la démission de François Commeinhes, condamné pour détournement de fonds publics. Ce mandat transitoire s’achèvera avec les élections municipales du 23 mars 2026. Contrairement à son prédécesseur, Hervé Marquès n’exerce qu’un seul mandat électif, la présidence de Sète Agglopôle Méditerranée ayant basculé à gauche avec l’élection de Loïc Linarès (PS) le 13 mai 2025. Cette absence de cumul a un impact direct sur sa rémunération globale.

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Montant de l’indemnité fixé en dessous du plafond légal

En 2026, le barème national prévoit pour les communes de 20 000 à 49 999 habitants une indemnité maximale correspondant à 90 % de l’indice brut terminal de la fonction publique (IB 1027), soit 3 699,47 euros brut mensuels. Le maire de Sète a choisi de percevoir 88 % de ce plafond, soit une indemnité de base de 3 255,53 euros brut. Lors du conseil municipal du 23 juin 2025, Hervé Marquès a justifié cette décision en soulignant qu’il ne bénéficiait pas d’un second mandat, contrairement à son prédécesseur. Une élue d’opposition, Laura Seguin, a néanmoins critiqué une augmentation de 200 euros par rapport à l’indemnité perçue auparavant.

Majoration potentielle liée au classement touristique

Sète est classée station de tourisme depuis 2017, ce qui permet théoriquement une majoration de 25 % de l’indemnité du maire. Si elle était appliquée en totalité, la rémunération brute mensuelle atteindrait 4 069,41 euros. Aucune délibération publique ne confirme toutefois l’activation de cette majoration à ce jour. Par ailleurs, Sète est éligible à la dotation de solidarité urbaine, permettant également une majoration, mais aucune trace d’une telle disposition n’a été identifiée dans les décisions municipales récentes.

Prélevés sociaux et indemnité nette

Les indemnités des élus locaux sont soumises à diverses cotisations. En 2026, celles-ci comprennent les contributions CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), les cotisations de retraite IRCANTEC (2,84 % part agent sur la tranche A) et les cotisations vieillesse du régime général dès que l’indemnité dépasse 1 994 euros mensuels. Au total, la part directement prélevée sur l’indemnité brute du maire atteint environ 19,84 %. Sur une base brute de 3 255,53 euros, l’indemnité nette avant impôt s’établit à environ 2 610 euros par mois.

Si la majoration touristique était appliquée intégralement, l’indemnité nette atteindrait environ 3 262 euros mensuels.

Traitement fiscal encadré par la FRFE

Le revenu imposable de l’élu est calculé après déduction des cotisations et de la fraction représentative des frais d’emploi (FRFE), qui s’élève à 698,79 euros mensuels pour un mandat unique en 2026. La CSG déductible (6,8 %) est également soustraite de l’assiette imposable. Ces dispositifs limitent le poids fiscal sur l’indemnité nette perçue.

Comparaison avec d’autres communes

Dans la même strate démographique, les maires peuvent percevoir jusqu’à 3 699,47 euros brut. À Frontignan, commune voisine de 23 788 habitants, le maire perçoit environ 6 000 euros mensuels bruts, ce qui suggère l’existence d’un cumul de fonctions ou l’application de majorations spécifiques. Dans les communes de 50 000 à 99 999 habitants, l’indemnité maximale atteint 4 521,58 euros, et dépasse les 5 960 euros pour celles de plus de 100 000 habitants.

Le plafond légal pour le cumul d’indemnités locales est fixé à 8 897,93 euros brut par mois depuis 2024. Ce plafond ne concerne pas Hervé Marquès, qui n’exerce qu’un seul mandat.

Une indemnité sous surveillance politique

La rémunération du maire de Sète traduit un positionnement politique mesuré. Hervé Marquès a opté pour une indemnité légèrement inférieure au plafond légal, sans cumuler de fonctions. La question de l’application des majorations reste ouverte. Dans un contexte de dette municipale élevée, avec un encours prévisionnel de 95 millions d’euros, le sujet des indemnités reste sensible. L’élection du 23 mars 2026 marquera un tournant pour la ville, dans un paysage politique local où le Rassemblement national entend renforcer sa présence après les législatives de 2024.

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