La maire de Drancy perçoit 3 900 € nets par mois en 2026, selon le barème national fixé par la population de la commune.
Aude Lagarde a accédé à la mairie de Drancy en 2017, à la suite du départ de son époux Jean‑Christophe Lagarde, contraint de renoncer à ses fonctions municipales après l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. Ce dernier a par ailleurs été condamné en 2022 à deux ans d’inéligibilité pour des faits liés à l’attribution d’un emploi fictif à sa belle-mère.
À Drancy, le maire perçoit en 2026 une indemnité brute mensuelle de 4 521,58 euros, soit environ 3 900 euros nets après déduction des cotisations sociales. À ce montant s’ajoute une prime régalienne annuelle de 554 euros bruts (environ 500 euros nets). Le total perçu sur l’année s’élève ainsi à environ 47 300 euros nets. Ce niveau de rémunération s’inscrit dans le barème national en vigueur, défini en fonction de la population communale.
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Un barème national fixé par la loi
Le montant de l’indemnité des maires dépend du Code général des collectivités territoriales, notamment l’article L2123-23. Le système repose sur un pourcentage appliqué à l’indice brut terminal de la fonction publique (indice 1027), dont la valeur de référence s’élève à 4 110,52 euros depuis le 1er janvier 2024. Drancy, avec 72 390 habitants selon les chiffres de l’Insee en vigueur au 1er janvier 2026, appartient à la catégorie des communes de 50 000 à 99 999 habitants. Le taux légal applicable est de 110 %, ce qui conduit à une indemnité maximale de 4 521,58 euros bruts par mois.
Aucune revalorisation en 2026 pour Drancy
La loi du 22 décembre 2025 sur le statut de l’élu local ne modifie pas l’indemnité du maire de Drancy. Cette réforme, qui vise à améliorer les conditions d’exercice des mandats locaux, concerne uniquement les communes de moins de 20 000 habitants. Les revalorisations indemnitaires introduites par cette loi ne s’appliquent donc pas à Drancy. La seule nouveauté est la création d’une prime régalienne de 554 euros bruts annuels, versée uniformément à tous les maires de France, quelle que soit la taille de leur commune.
Une indemnité gelée depuis janvier 2024
L’indemnité actuelle du maire de Drancy est en vigueur depuis le 1er janvier 2024. Elle résulte des dernières revalorisations du point d’indice de la fonction publique, notamment celles de juillet 2022 (+3,5 %), juillet 2023 (+1,5 %) et janvier 2024. Entre 2020 et 2024, l’indemnité a progressé d’environ 12,3 %, passant d’environ 4 026 à 4 521,58 euros bruts mensuels. Aucune hausse n’est intervenue en 2025 ni en 2026, le point d’indice étant resté gelé.
Montant net et fiscalité de l’indemnité
Après prélèvements sociaux (sécurité sociale, CSG, CRDS), l’indemnité nette du maire s’établit à environ 3 900 euros par mois. Ce montant peut varier légèrement selon la situation individuelle de l’élu. En ajoutant la prime régalienne de 554 euros bruts par an, le revenu annuel net estimé atteint 47 300 euros. L’indemnité ouvre droit à une couverture sociale complète et à une retraite complémentaire via l’IRCANTEC. Les élus peuvent également cotiser à des régimes facultatifs comme le FONPEL ou le CAREL, si la collectivité y participe.
Aucune majoration possible pour Drancy
La loi autorise certaines communes à majorer l’indemnité du maire. C’est le cas des villes de plus de 100 000 habitants, qui peuvent appliquer une majoration allant jusqu’à 40 %. Drancy, avec moins de 100 000 habitants, ne peut pas bénéficier de cette disposition. D’autres dispositifs existent pour les stations de tourisme, mais Drancy ne fait partie d’aucune catégorie éligible. Le conseil municipal peut voter une indemnité inférieure au barème, mais aucune information publique n’indique une telle décision à Drancy.
Succession ouverte après le retrait d’Aude Lagarde
Aude Lagarde, maire UDI de Drancy depuis 2017, a annoncé le 22 décembre 2025 qu’elle ne se représenterait pas aux élections municipales de mars 2026. Son retrait met fin à un mandat de neuf ans. Elle avait succédé à son époux Jean-Christophe Lagarde en 2017. Réélue en 2020 dès le premier tour avec 65,10 % des voix, elle quitte une majorité dominée par l’UDI. Jean-Christophe Lagarde, ancien député-maire, reste une figure politique influente. Il est actuellement 11e adjoint et perçoit une indemnité de 3 878,99 euros bruts mensuels.
Une ville populaire avec des revenus modestes
Drancy appartient aux communes éligibles à la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale. En 2020, le revenu disponible médian par unité de consommation y était de 18 080 euros, inférieur à la moyenne nationale. Le salaire net moyen des habitants est de 2 155 euros par mois. Le revenu net mensuel du maire, de 3 900 euros, reste donc nettement au-dessus des revenus locaux, mais s’inscrit dans la moyenne des maires des communes de même taille.
Comparaison avec les autres maires de Seine-Saint-Denis
L’indemnité du maire de Drancy est identique à celle d’Aulnay-sous-Bois, autre commune de la même strate démographique. À l’inverse, Saint-Denis, devenue commune nouvelle après fusion avec Pierrefitte-sur-Seine, dépasse les 100 000 habitants. Son maire, Mathieu Hanotin, perçoit l’indemnité maximale de 5 960,26 euros bruts mensuels, avec possibilité de majoration. Montreuil et Aubervilliers, également dans les plus grandes villes du département, disposent de montants similaires, adaptés à leur taille.
Un poids modéré dans le budget municipal
Le budget municipal 2024 de Drancy prévoit 802 925,17 euros pour les indemnités des élus. Cette enveloppe regroupe les rémunérations du maire, des adjoints et des conseillers délégués. Elle représente une fraction limitée du budget de fonctionnement. La dette communale s’élève à 139,7 millions d’euros, soit 1 952 euros par habitant, un niveau légèrement supérieur à la moyenne des communes de même taille. Les indemnités des adjoints varient fortement, entre 1 700 et 4 300 euros bruts mensuels, selon les délégations exercées.
Obligations de transparence et contrôle public
Les montants des indemnités sont votés par le conseil municipal et figurent dans les procès-verbaux accessibles au public. Les maires de communes de plus de 10 000 habitants doivent déposer une déclaration d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Aude Lagarde a transmis sa dernière déclaration en février 2024. Ces obligations visent à garantir la transparence financière et à prévenir les conflits d’intérêts.
Plafonnement du cumul des indemnités
Un élu local peut cumuler plusieurs mandats, mais le total de ses indemnités ne peut excéder 8 897,93 euros bruts mensuels, soit 1,5 fois l’indemnité parlementaire de base. En cas de dépassement, un écrêtement automatique s’applique. Aude Lagarde, qui exerçait également un mandat de conseillère départementale, reste en dessous de ce plafond. Le futur maire devra respecter les mêmes règles en cas de cumul avec d’autres fonctions électives.
Régime de protection sociale et retraite des élus
Les maires cotisent au régime général de la Sécurité sociale et à l’IRCANTEC. Depuis 1992, l’affiliation est obligatoire dès lors que l’indemnité atteint au moins la moitié de celle d’un parlementaire. La loi de 2025 sur le statut de l’élu introduit une bonification d’un trimestre de retraite par mandat complet, dans la limite de trois trimestres. Les maires peuvent aussi adhérer à des régimes complémentaires spécifiques, sous réserve de l’accord de la collectivité.
Aucune revalorisation prévue à court terme
L’évolution future de l’indemnité du maire dépend de la politique salariale de la fonction publique et d’éventuelles réformes législatives. Le point d’indice reste gelé en 2025 et 2026. Aucun projet d’extension des revalorisations aux communes de taille moyenne n’est actuellement annoncé. Dans un contexte de rigueur budgétaire, avec un effort de 2 milliards d’euros demandé aux collectivités locales en 2026, toute augmentation des indemnités paraît improbable à court terme.

