Le gouvernement veut rétablir une surtaxe supprimée par le Sénat, pour atteindre 6 milliards de recettes fiscales.
Sébastien Lecornu n’a pas l’intention d’abandonner la surtaxe sur les grandes entreprises. Supprimée par le Sénat, la mesure revient sur la table dans le projet de loi de finances pour 2026. Ce dimanche 4 janvier, le ministre de l’Économie Roland Lescure l’a annoncé clairement sur franceinfo : il souhaite la réintroduire. Et il assume. Il s’agit, dit-il, d’un “levier de compromis”, d’une pièce sur l’échiquier budgétaire. « Il faut que tout le monde contribue », justifie-t-il.
Une surtaxe à 6 milliards pour boucler les comptes
Le gouvernement avait initialement prévu 4 milliards d’euros de recettes via cette contribution temporaire sur les bénéfices exceptionnels, loin des 8 milliards récoltés l’année précédente. L’Assemblée nationale a ensuite porté le montant à 6 milliards, avant que le Sénat ne l’efface purement et simplement. Zéro euro. Pour Lescure, revenir à 6 milliards d’euros est une nécessité, non un choix. « Je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur », insiste-t-il, mais c’est “un élément du deal”. Objectif de l’exécutif : ramener le déficit à 5 % du PIB dès l’an prochain.
Un soutien affiché à la suppression de la CVAE
Samedi dans Le Figaro, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a défendu cette surtaxe. Elle la jugeait jusque-là “relativement consensuelle”, mais constate qu’elle “devient un objet politique”. Elle rappelle son utilité : la mesure permet de financer la suppression de la CVAE, un impôt de production dont bénéficieraient 270 000 entreprises. Elle rejette toute accusation de “délire fiscal” : « Entre le tout ou rien, on doit pouvoir trouver un chemin. »
Une reprise express du calendrier budgétaire
Le budget 2026 revient devant la commission des finances ce jeudi, avant un passage en séance publique la semaine suivante. « Il faut avancer vite », prévient Lescure, qui dit discuter “avec des forces dites républicaines depuis quelques jours”. Il appelle chacun à “mettre de l’eau dans son vin”. Car faute d’accord fin décembre, une loi spéciale a déjà été votée pour garantir la continuité de l’État. Le temps presse.

