Les Petites Villes de Demain affichent une santé financière stable en 2024. Découvrez comment elles ont investi sans creuser leur dette.
Alors que le mandat municipal 2020–2024 touche à sa fin, les communes engagées dans le programme “Petites Villes de Demain” (PVD) présentent un bilan financier solide, selon la 5e édition du Baromètre de la santé financière dévoilé par l’AFL (Agence France Locale), l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires) et l’APVF (Association des Petites Villes de France). Malgré un mandat marqué par la crise sanitaire, l’inflation persistante et des incertitudes institutionnelles, les PVD ont su préserver leur solvabilité tout en maintenant un effort d’investissement significatif. La note financière moyenne attribuée par l’AFL reste stable à 3,26 sur 7 entre 2020 et 2024, et les écarts se réduisent entre les communes, traduisant une plus grande homogénéité budgétaire.
Un investissement soutenu, moteur du développement local
Contrairement à d’autres collectivités ayant ralenti leurs projets face aux incertitudes, les PVD ont maintenu une dynamique d’équipement soutenue. Entre 2020 et 2024, leurs dépenses d’investissement par habitant sont passées de 302 € à 470 €, soit une hausse de +42,5 %. À titre de comparaison, les communes hors programme ont vu leurs dépenses évoluer de 285,5 € à 401 €, ce qui place les PVD 17 % au-dessus de la moyenne nationale en 2024. Cette orientation repose sur une stratégie financière structurée, mobilisant à la fois l’épargne, la trésorerie et le recours à l’emprunt. Bien que leur taux d’endettement soit plus élevé (70 % contre 59 % pour les non-PVD), il a baissé de 19 % depuis 2020, illustrant une trajectoire de maîtrise budgétaire.
Un cadre budgétaire maîtrisé malgré les ambitions
Les résultats montrent qu’il est possible d’investir sans compromettre la santé financière des collectivités. Le taux d’endettement moyen des PVD, en baisse constante, s’accompagne d’un taux d’épargne brute qui s’établit en 2024 à 16,6 %, contre 16,5 % pour les autres communes de taille comparable. Cette parité témoigne d’un équilibre entre ambition territoriale et prudence financière. La solvabilité des PVD, mesurée notamment via la note AFL, reste stable, voire en légère amélioration, et reflète une gestion qui conjugue performance et soutenabilité à l’échelle locale.
Un effet PVD différencié mais constant sur les territoires
Le baromètre révèle des effets différenciés selon le niveau de centralité des communes : les collectivités de centralité locale se distinguent par un investissement particulièrement dynamique, supérieur de +22 % à celui des communes non-PVD comparables. Celles de centralité intermédiaire, qui constituent le cœur du programme, affichent un profil équilibré, avec une épargne renforcée malgré un endettement plus élevé, destiné à soutenir l’investissement. Quant aux communes de centralité structurante, elles enregistrent une amélioration de leur notation financière en 2024. Partout, l’« effet PVD » agit comme un mécanisme d’équilibrage : il consolide les communes les plus dynamiques tout en offrant un appui renforcé aux plus fragiles.

