AccueilSalairesQuel est le vrai salaire de Nagui ?

Quel est le vrai salaire de Nagui ?

Animateur vedette, Nagui gère aussi une entreprise audiovisuelle florissante, grâce à des contrats avantageux avec le service public.

Il est sans doute le seul à pouvoir faire chanter le service public à ce point. À 63 ans, Nagui n’est pas simplement un animateur star. Il est devenu une machine économique, une entreprise à lui seul. Et derrière le sourire familier de N’oubliez pas les paroles, se cache une réalité financière d’une tout autre tonalité.

Animateur, mais surtout producteur très rentable

À France Télévisions, Nagui touche bien plus qu’un simple cachet. Selon plusieurs estimations, sa rémunération annuelle tourne entre 750 000 et 1 million d’euros. Ce montant inclut l’animation, les revenus de production via Banijay Production Média, les droits de diffusion et une part des recettes publicitaires.

S’ajoute 120 000 à 150 000 euros par an versés par Radio France pour La Bande Originale sur France Inter. Nagui parle d’un revenu « symbolique », mais il complète l’ensemble.

Jean-Luc Reichmann reste en tête avec 1,5 million d’euros par an, mais Nagui devance largement Drucker et Hanouna, estimés autour de 480 000 euros annuels.

Banijay, le multiplicateur de fortune

La vraie bascule se fait en 2008 : Nagui vend Air Productions à Banijay, tout en gardant une participation significative. En 2017, il investit 20 millions d’euros via Holding Fam, pour atteindre 5,3 % du capital.

En 2021, il cède 0,1 % de ses parts pour 1,26 million d’euros. En 2023, nouvelle vente de 0,7 % pour environ 18 millions d’euros, sur la base d’une valorisation de Banijay autour de 2,7 milliards d’euros.

Il conserverait aujourd’hui 3 % du capital, valorisés à 80 millions d’euros selon plusieurs médias. Hanouna évoque une estimation théorique de 250 millions d’euros en cas de valorisation maximale à 5 milliards. Chiffre virtuel, sauf à vendre tout d’un coup, ce qui n’est pas le cas.

France Télévisions : un contrat taillé sur mesure

Entre 2017 et 2020, le contrat-cadre signé avec France Télévisions atteint 100 millions d’euros. Il couvre les quotidiennes, des prime times comme Taratata et des émissions événementielles.

Clauses protectrices inédites : interdiction de toucher à N’oubliez pas les paroles tant que l’audience reste au-dessus de 12 % de part de marché ; garantie de rester à l’antenne même en cas de remplacement de Tout le monde veut prendre sa place.

Aujourd’hui encore, près de 30 millions d’euros de commandes annuelles seraient passées à ses sociétés de production.

Des jeux télévisés aux marges très élevées

N’oubliez pas les paroles génère entre 35 et 40 millions d’euros de recettes publicitaires par an, sur la base d’environ 200 000 euros quotidiens. Le coût de production est estimé à 15 millions d’euros, soit une marge nette rare dans l’audiovisuel.

Chaque épisode de 30 minutes coûte environ 35 000 euros. À titre de comparaison, un épisode de fiction sur TF1 peut coûter 80 000 euros.

En ajoutant Tout le monde veut prendre sa place, ces deux émissions concentrent 29 à 30 % des recettes publicitaires de France 2 depuis 2019. Une dépendance qui interroge la liberté éditoriale du service public.

Production : des bénéfices nets très confortables

Selon des chiffres avancés en plateau par Hanouna, l’activité de production générerait entre 12 et 13 millions d’euros de bénéfices annuels avant impôt. Hypothèse fondée sur 300 heures de programmes à environ 50 000 euros de coût par émission.

Nagui ne les a jamais validés publiquement, mais ils recoupent d’autres estimations du secteur. Ces profits s’ajoutent aux revenus d’animation et aux dividendes liés à Banijay.

Immobilier, voitures, succession : un style assumé

À Montmartre, une maison avec jardin estimée à 11,5 millions d’euros. À Saint-Tropez, une villa achetée en 1997 pour 1,9 million, estimée aujourd’hui entre 8 et 10 millions d’euros.

Il a transmis 20 % de sa société Holding Fam à ses quatre enfants. Holding Fam affiche un capital de 2,3 millions d’euros.

Il possède une Porsche 356C de 1965, une Tesla Model X avec chauffeur, une collection de sneakers et de Louboutin. À Noël, ses salariés reçoivent des cadeaux d’une valeur annuelle comprise entre 25 000 et 50 000 euros.

Accusations publiques, réponses musclées

En décembre 2025, le député Charles Alloncle, habitué des déclarations à l’emporte-pièce, l’accuse d’être « la personne qui s’est le plus enrichie avec l’argent public ». Il parle, sans donner d’éléments concrets, de « plusieurs centaines de millions d’euros » tirés de l’audiovisuel public.

Nagui répond par une longue publication : il rappelle qu’il n’est pas salarié de France Télévisions, mais qu’il vend ses productions. Il souligne les 10 000 bulletins de paie générés chaque année, les 200 employés mobilisés quotidiennement, les cotisations versées.

Il précise que N’oubliez pas les paroles rapporte 30 millions d’euros annuels en publicité pour un coût de 15 millions, soit un bénéfice net. Il menace d’attaquer Alloncle en justice.

Un modèle à part, entre admiration et critique

Nagui assume son succès, se dit fier de ne rien devoir à personne. Il déclare : « Gagner sa vie, c’est ne pas la voler ». En décembre 2024, il confie à La Tribune du Dimanche : « Je gagne très bien ma vie. Pourquoi devrais-je être complexé ? »

Son management repose aussi sur la fidélisation : primes, cadeaux, attention aux équipes. Un modèle personnel et entrepreneurial, atypique dans le paysage de l’audiovisuel public.

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